Le monde dans un petit village
avec l'incomparable interprétation d'une très grand dame noire. Que de beauté, de force et de liberté...
un blog évoquant lectures, réflexions, sorties, art, culture, activités physiques, légèretés et futilités en tout genre
dimanche 26 décembre 2010
dimanche 19 décembre 2010
L'hiver des pauvres
Aujourd'hui, en France...
L'hiver des pauvres s'affiche dans les rues, avec insistance: sous les porches peu fréquentés, dans les entrées délaissées, au-dessus d'une source d'air chaud qui sort d'une bouche sur un trottoir, une place. Depuis le début de l'année 2010, 340 SDF sont morts dans la rue, en France, dont 11 en raison du froid - la violence, l'alcool ayant eu raison de la vie des autres. On survit donc à l'hiver, semble-t-il, mais dans quelles conditions, dans quel abandon, dans quelle tristesse? Le 15 décembre, le collectif "Morts dans la rue" a rendu hommage aux décédés, afin d'agir pour les vivants. Pour que nous ne passions pas si vite devant ces petits cartons qui demandent une pièce.
... et il n'y a pas si longtemps, en Suisse
Car nous passons vite devant ces petits cartons qui demandent une pièce, pour mieux oublier que nous pourrions aussi être à cette place. D'autant qu'il y a deux générations seulement, dans le Suisse riche et prospère, la misère avait des allures similaires.
Un garçon de 8 ans, retiré à sa mère parce que son père s'était suicidé. Placé par l'Etat dans une famille de riches paysans, qui faisaient dormir l'enfant dans le grenier de la maison des valets. Un lit glacial, une chambre qui ne protègait que très peu l'enfant des rixes entre valets, une nourriture insuffisante que venait enrichir seulement de temps à autre, au prix d'un grand risque, un oeuf cru volé aux poules. Seule compassion de la part des fermiers - très protestants, d'ailleurs - lorsque la neige commençait à tomber : des sabots en bois où le garçon pouvait glisser ses petits pieds nus, afin qu'il continuât à travailler pour justifier son existence.
Une fillette de 8 ans également, l'aînée de 5 soeurs et un frère, moins abandonnée émotionnellement, mais exposée elle aussi à la dureté de la vie sans aucun ménagement. Ses chaussettes, elle devait les tricoter elle-même si elle voulait avoir de quoi se protéger du froid. La marche à l'école de plus d'une heure le matin, dans la neige haute, la faisait arriver en classe détrempée. Un petit lac se formait sous sa chaise quand les pelotes de neige fondirent. Ce fut juste avant d'entamer la marche du retour, le soir venu après l'école, vers la ferme familiale, qu'elle avait des habits devenus secs peu à peu par la chaleur de son propre petit corps de fille.
Ce fut l'histoire de mon grand-père, un "Verdingkind" (earning child). L'autre est celle de ma grand-mère, ayant grandi dans une minuscule ferme en quasi autarcie. Ce fut en Suisse, autour des années 1920.
Des "Verdingkinder", on ne sait que peu, en raison du silence lié la honte qu'ils éprouvèrent pendant toute leur vie pour avoir été ainsi placés. L'absence d'éducation de base est certainement aussi une des raisons qui nous laisse avec peu de récits. Une exposition rend enfin hommage aux enfants placés et à leur jeunesse volée. Leur histoire rejoint ceux des petits spazzacamini, ces enfants pauvres du Tessin qui furent vendus à des petits patrons, où ils devaient ramoner les cheminées des bourgois de Milan.
dimanche 12 décembre 2010
Courses à pied : Bois de St. Cucufa
La routine apaisante
Cette course, j'ai dû la faire au moins 300 fois depuis 10 ans. Lasse ces derniers mois d'avancer dans mes propres ornières, j'avais délaissé le bois de St. Cucufa qui est pourtant devant ma porte. Sauf que, ces derniers temps, j'ai failli être sujette à des malaises, à plusieurs reprises, en particulier lorsque j'étais enfermée dans les transports en commun parisiens complètement bondés. Je m'étais même interrogée sur une éventuelle insuffisance respiratoire... psychotage ou non? Là, il fallait avoir le coeur net.
Donc, je m'y résous, les pieds de plomb : je retourne au bois malgré la familiarité du parcours et le nombre d'autres "usagers" que j'y retrouve : les scouts en shorts (Versaillais, c'est normal, il faut entraîner la jeune classe à l'ascétisme, surtout lorsque le thermomètre chute), les papys et mamies en troupeau serré dans les chemins gras et boueux, enfants et poussettes, VTTs et coureurs, chiens et chevaux... Je me demande bien comment les quelques chevreuils de cette forêt arrivent à trouver des coins de refuge pour survivre à la foule bigarrée.
Et malgré ce monde, le bois est d'une beauté toujours changeante et les coins solitaires existent bel et bien. Cette nuit, j'avais été réveillée par deux chouettes qui se répondaient en hululant, d'un chêne à l'autre. Ce matin, les canards et mouettes, un héron aussi, se reposent sur les plaques de glace qui flottent encore dans l'étang malgré le dégel. La neige d'il y a quelques jours a failli avoir raison de quelques saules sur le rivage: le poids de la doudoune blanche sur leurs branches les fait pencher dangereusement au-dessus de l'eau. Les arbres sont nus, le ciel gris de plomb, un léger vent frisquet, c'est le bois dans son manteau d'hiver.
Montées, descentes, plats et faux plats, cardio dans les escaliers, résistance et conti, tout y est pour décrasser les organes respiratoires devenus par trop citadins. L'air frais rentre dans les alvéoles les plus fines de mes poumons - ils se redéploient peu à peu, se plient à l'effort, travaillent en rythme avec le coeur qui donne la cadence. Quel bonheur de pouvoir sentir son corps se mouvoir avec légèreté et agilité. Une gratitude aussi pour sa fidélité: il est au rdv dans cette 1h30 de course qui peut se faire d'une façon impliquante.
Je suis rassurée, tout à l'air de "fonctionner" comme il faut. J'avais certes psychoté un peu, mais le physique est bien plus apaisé lorsqu'il a pu se remettre en marche. Mens sana in corpore sano... quod erat demonstrandum.
Photos: prises par A.V. le 9 décembre 2010
Photos: prises par A.V. le 9 décembre 2010
lundi 6 décembre 2010
Samichlaus - Saint Nicolas
...ou l'interculturalité d'une légende
Es nachtet scho und schneielet
Du liebi Ziit, ganz grüüsli
De Chlaus leit jetzt sin Mantel aa
Und bschlüsst druf no sis Hüüsli.
Er holt de Schlitte us em Schopf,
Spannt's Eseli gschwind aa,
Und ladet d'Seck und d'Fitze n'uuf
Wo n'er für d'Chind mues haa.
"Hü! Trämpeli" seit er, "S'isch jetzt Ziit,
de Wäg is Schtedtli isch no wiit
Mir händ hüt s'Aabig gar vil z'tue,
Hü! Trämpeli, lauf artig zue!"
Wie sind die Seck so dick und schwer...
Wer chunt ächt d'Fitze n'über, wer?
De Chlaus weiss alles ganz genau,
Drum Chinde, bitti, folged au!!
Clivage du bien et du mal dans la culture catholique, ambivalence chez les Protestants.
Trois petits enfants perdus sont découpés et mis en saloir par un boucher. Au bout de sept ans, ils sont ressuscités par Le Grand Saint Nicolas. C'est ainsi en France.
Et le "Samichlaus", bon et sévère à la fois, au courant de tous les faits et méfaits de chaque enfant. Il apporte les premières mandarines, des noix et des pains d'épices pour les obéissants, le fouet pour ceux qui ne veulent écouter les grands, et emportant avec lui les "très méchants", pour les faire travailler chez lui, dans la forêt, pendant toute une année. C'est comme cela que cela se passe en Suisse.
Es nachtet scho und schneielet
Du liebi Ziit, ganz grüüsli
De Chlaus leit jetzt sin Mantel aa
Und bschlüsst druf no sis Hüüsli.
Er holt de Schlitte us em Schopf,
Spannt's Eseli gschwind aa,
Und ladet d'Seck und d'Fitze n'uuf
Wo n'er für d'Chind mues haa.
"Hü! Trämpeli" seit er, "S'isch jetzt Ziit,
de Wäg is Schtedtli isch no wiit
Mir händ hüt s'Aabig gar vil z'tue,
Hü! Trämpeli, lauf artig zue!"
Wie sind die Seck so dick und schwer...
Wer chunt ächt d'Fitze n'über, wer?
De Chlaus weiss alles ganz genau,
Drum Chinde, bitti, folged au!!
dimanche 5 décembre 2010
L'esthétique de l'instinct
La grâce et la mort
Touchante et belle vidéo de ce renard chasseur, malin et beau, engageant tout son corps, sa vie, dans cette traque de la proie. Est-ce le privilège de l'animal que de pouvoir s'arrêter au moment "juste", lorsqu'il est opportun et nécessaire de fermer la Gestalt de la mise à mort?
Etrange coexistence de cette grâce et de la mort, pour nous, les humains. Susan Sontag, dans son essai critique sur l'oeuvre de Leni Riefenstahl, montre cette fascinante et éminemment dangereuse proximité de l'esthétique et de la mise à mort institutionnelle.
La médiatisation de l'instinct de vie et de mort ne se fait pour l'Homme que d'une manière très progressive et incertaine, par l'intermédiaire des mythes et des contes. René Girard dans "Le bouc émissaire" et "Les choses cachées depuis la fondation du monde" retrace cette incertaine transition.
Interrogation ritualisée et trop facilement expiée dans les corridas et autres combats de coqs - que Charlie Hebdo se charge de dénoncer très régulièrement.
L'humour reste probablement l'arme la plus efficace - et aussi la plus difficile.
dimanche 28 novembre 2010
L'amour fou
Cali ; le Tantrisme ; L'Astrologie ; André Breton
Savoir vivre les émotions difficiles, se laisser fouetter par toute la violence des ressentis, quels qu'ils soient. Le Tantrisme dans cet excellent ouvrage de Fabrice Midal m'invite à jouer toutes le touches du Grand Clavier de l'existence, oser jouer les sons graves, aigüs avec toutes les émotions qu'ils portent en eux. A supporter ce feu, cette incandescence, avec tout mon moi, et en toute confiance de ce qui sera aussi au-delà de l'expérience immanente.
La découverte inopinée de mon thème astral, imprévisible réponse à improbable question... Découvrir ce que ça peut comporter, "l'amour de l'Autre". Quelle belle mission, je la fais mienne.
L'amour fou (Cali)
Je dois enlacer, je dois embrasser
Même vite, même dans le noir
Toujours si difficile de trouver
Un autre noyé, un autre désespoir
N’y a-t-il donc personne qui ait besoin de moi
De ma chaleur
De me serrer trop fort
De me lécher les joues
De me lécher les lèvres
De me lécher la peau
De m’aimer à la mort
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
J’ai besoin de tenir
Et couver une main
D’embrasser des paupières
Sans amour je suis rien
Je cherche une solitude
M’étouffer dans des bras
J’ai besoin de brûler
De vivre une dernière fois
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Au fond d’un cinéma
A l’arrière d’une voiture
Mon cœur doit battre, battre, battre
Suis-je le seul noyé
Le seul désespéré
Je veux tout, tout, tout
Recommencer
Connaître à nouveau la peur des tout débuts
Au tout début, oh c’était bien
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
J’ai aimé le sourire que tu portais
Quand tu venais me voir à la sauvette
Tu te souviens, dis
Entre deux portes, entre deux mensonges
Tu te souviens, dis
Un homme te vouait l’amour désespéré
Et puis un autre, pour une fois j’étais l’autre
Tu te souviens, dis
J’ai aimé la jeune fille qui nous tenait la main
Tu te souviens, dis
Tout en haut de nos 16 ans
Tout en haut de Fillols
Elle attendait le baiser de ses amoureux
Et sous son kilt trop court
Ses fesses qui hurlaient
Comme un cadeau de dieu
Et puis toutes ces promesses
A toi, à moi, à tous les deux
Tu te souviens, dis
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
"Je vous souhaite d'être follement aimée" (André Breton)
C'est en faisant n'importe quoi qu'on vit l'amour fou. Oser goûter chaque seconde, qui peut faire chavirer une vie d'un extrême à l'autre, imprévisible, indomptable. Cali à la rencontre de cette vie qui est une truite arc en ciel qui nage dans son coeur.
Savoir vivre les émotions difficiles, se laisser fouetter par toute la violence des ressentis, quels qu'ils soient. Le Tantrisme dans cet excellent ouvrage de Fabrice Midal m'invite à jouer toutes le touches du Grand Clavier de l'existence, oser jouer les sons graves, aigüs avec toutes les émotions qu'ils portent en eux. A supporter ce feu, cette incandescence, avec tout mon moi, et en toute confiance de ce qui sera aussi au-delà de l'expérience immanente.
La découverte inopinée de mon thème astral, imprévisible réponse à improbable question... Découvrir ce que ça peut comporter, "l'amour de l'Autre". Quelle belle mission, je la fais mienne.
L'amour fou (Cali)
Je dois enlacer, je dois embrasser
Même vite, même dans le noir
Toujours si difficile de trouver
Un autre noyé, un autre désespoir
N’y a-t-il donc personne qui ait besoin de moi
De ma chaleur
De me serrer trop fort
De me lécher les joues
De me lécher les lèvres
De me lécher la peau
De m’aimer à la mort
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
J’ai besoin de tenir
Et couver une main
D’embrasser des paupières
Sans amour je suis rien
Je cherche une solitude
M’étouffer dans des bras
J’ai besoin de brûler
De vivre une dernière fois
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Au fond d’un cinéma
A l’arrière d’une voiture
Mon cœur doit battre, battre, battre
Suis-je le seul noyé
Le seul désespéré
Je veux tout, tout, tout
Recommencer
Connaître à nouveau la peur des tout débuts
Au tout début, oh c’était bien
Si je n’ai plus droit à tout ça
Abattez-moi
Abattez-moi comme un chien
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
J’ai aimé le sourire que tu portais
Quand tu venais me voir à la sauvette
Tu te souviens, dis
Entre deux portes, entre deux mensonges
Tu te souviens, dis
Un homme te vouait l’amour désespéré
Et puis un autre, pour une fois j’étais l’autre
Tu te souviens, dis
J’ai aimé la jeune fille qui nous tenait la main
Tu te souviens, dis
Tout en haut de nos 16 ans
Tout en haut de Fillols
Elle attendait le baiser de ses amoureux
Et sous son kilt trop court
Ses fesses qui hurlaient
Comme un cadeau de dieu
Et puis toutes ces promesses
A toi, à moi, à tous les deux
Tu te souviens, dis
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Personne, personne, personne
Ne vit sans l’amour fou
Et donc aussi, André Breton :
"Le 10 avril 1934, en pleine occultation de Vénus par la lune (ce phénomène ne devait se produire qu'une seule fois dans l'année), je déjeunais dans un petit restaurant situé assez désagréablement à côté d'un cimetière. Il faut, pour s'y rendre, passer sans enthousiasme devant plusieurs étalages de fleurs. Mais j'observais, n'ayant rien de mieux à faire, la vie charmante de ce lieu. Le soir le patron "qui fait cuisine" regagne son domicile à motocyclette. Les ouvriers semblent faire honneur à la nourriture. Le plongeur, vraiment très beau, d'aspect très intelligent, discute de choses apparemment sérieuses avec les clients. La servante est assez jolie : poétique plutôt.
Le 10 avril 1934, elle portait, sur un col blanc à pois espacés rouge fort en harmonie avec sa robe noire une très fine chaîne retenant trois gouttes claires, gouttes rondes sur lesquelles se détachait à la base un croissant de même substance pareillement serti. J'appréciai une fois de plus, infiniment, la coïncidence de ce bijou et de cette éclipse. Comme je cherchais à situer cette jeune femme, en la circonstance si bien inspirée, la voix du plongeur : "Ici, l'Ondine" et la réponse exquise, enfantine, à peine soupirée, parfaite : "Ah ! Oui, on le fait ici, l'on dîne !" Est-il plus touchante scène ? Je me le demandais hier encore, en écoutant les artistes de l'atelier massacrer une pièce de John Ford.
La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas."
dimanche 21 novembre 2010
The more loving one
ou comment survivre à une dispute...
The More Loving One (W.H. Auden)
Looking up at the stars, I know quite well
That, for all they care, I can go to hell,
But on earth indifference is the least
We have to dread from man or beast.
How should we like it were stars to burn
With a passion for us we could not return?
If equal affection cannot be,
Let the more loving one be me.
Admirer as I think I am
Of stars that do not give a damn,
I cannot, now I see them, say
I missed one terribly all day.
Were all stars to disappear or die,
I should learn to look at an empty sky
And feel its total dark sublime,
Though this might take me a little time.
"We are all here on earth to help others. What I can't figure out is what the others are here for."
I and the public know,
What all schoolchildren learn,
Those to whom evil is done,
Do evil in return.
...comme celle que je viens de vivre, unique pour moi en son genre, et toute aussi incompréhensible que violente - Je dirais : en ne faisant rien d'autre que d'attendre... jusqu'à ce qu'une petite porte ne s'ouvre.
En ce qui me concerne, cela s'est fait par un verset qui m'est parvenu par bien des chemins inattendus:
"If equal affection cannot be, let the more loving one be me!"
Et, du coup, j'ai trouvé en W.H. Auden un auteur, poète, personnage remarquable qui a, lui, certaine-ment souffert de la foudre venant de la part d'autres.
Looking up at the stars, I know quite well
That, for all they care, I can go to hell,
But on earth indifference is the least
We have to dread from man or beast.
How should we like it were stars to burn
With a passion for us we could not return?
If equal affection cannot be,
Let the more loving one be me. Admirer as I think I am
Of stars that do not give a damn,
I cannot, now I see them, say
I missed one terribly all day.
Were all stars to disappear or die,
I should learn to look at an empty sky
And feel its total dark sublime,
Though this might take me a little time.
Poésie juste et drôle à la fois, qui laisse entendre une certaine grâce que j'aimerais bien, moi aussi, pouvoir faire la mienne.
Et un autre verset de lui, dans une tonalité de l'humour britannique que j'adore :
"We are all here on earth to help others. What I can't figure out is what the others are here for."
Rester digne aussi, notamment lorsque la dispute s'envenime. Car comme le dit encore Auden :
I and the public know,
What all schoolchildren learn,
Those to whom evil is done,
Do evil in return.
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