dimanche 5 février 2012

L'impensable capacité à l'opposition

Un travail herculéen en perspective


Rappelons-nous que l'un des tout premiers mots appris et prononcés par le petit homme, après "maman" et "papa", est le "non!". Quelle merveilleuse audace, alors que, dépendant et vulnérable, cet être tout neuf ose braver la Loi de ceux qui pourtant assurent sa survie.

Quelle tragédie, par la suite, d'observer comment cette implacable entreprise qu'est l'éducation - ex ducere - nous amène au prix de souffrances devenues insensibles tellement elles nous ont abîmées, au point où notre premier réflexe est celui d'acquiescer, d'opiner du chef, de nous soumettre... "Tu sais que c'est impossible, et pourtant - c'en est devenu risible - tu cherches tous les jours, dès le matin, à arranger tout un chacun." (1)

L'acquiescement nous vient donc presque par réflexe... Or, il est impossible de dire véritablement "oui" aussi longtemps que celui-ci est le fait d'un faux self. Et pour le dire avec les mots de quelqu'un qui à également dû se battre avec lui-même pour se dégager d'un "oui" soumis : "pour dire oui, il faut pouvoir dire non." (2)

Comment dès lors reconquérir cette capacité à faire opposition? Car la démarche est éminemment complexe. Une première intuition à penser le "non" est nécessaire, certes, mais largement insuffisante. Il ne suffit point de voir l'objet auquel il s'agit de résister pour pouvoir effectivement passer à l'acte. Comme le disait Nietzsche (3): "Parce qu'une chose est devenue transparente pour nous, nous pensons qu'elle est dorénavant incapable de nous opposer une résistance - et nous sommes ensuite étonnés qu'il nous est possible de voir à travers et néanmoins impossible de passer à travers. Ceci est la même folie, la même stupéfaction que celles qu'éprouve la mouche devant chaque fenêtre vitrée." Eh oui, la résistance nous résiste...


Voilà donc ce qui me reste à faire, c'est-à-dire l'essentiel : "Il s'agit de développer la puissance de défi de l'esprit; la capacité de dire 'Non' au moment juste" (4) Non pas une veine opposition de principe, donc, qui équivaudrait à un immature réflexe de faire obstacle. Au contraire, il s'agit de résister avec grâce et, de ce fait, avec un véritable discernement, engageant non seulement la pensée, mais aussi le cœur et le corps, pour déboucher sur l'action 'juste'.

 
C'est cela, je pense, que l'éducation devrait avoir comme objectif. Et si je le sais évidemment depuis belle lurette, telle la mouche devant sa fenêtre transparente, je ne commence qu'aujourd'hui à cerner peu à peu ce que cela signifie véritablement. La maladie qui entraîne au fil du temps le corps et l'esprit trop faussement consentants vers les conséquences de la pulsion de mort, m'a paradoxalement révélée qu'il était urgent d'agir. Et des relations où l'arrangement de l'Autre consomme une partie substantielle des pensées et des émotions m'indiquent vers quoi il faudrait que j'adresse ce "Non".

C'est probablement cela que de devenir véritablement adulte : savoir s'éduquer (de nouveau : ex-ducere) soi-même. Un peu comme le Baron de Münchhausen qui se sort du bourbier en tirant sur ses propres cheveux. J'ai le reste de la vie pour tracer un chemin dans ce sens. Et finalement, c'est un beau projet, car "Oser dire 'non' est aujourd'hui une forme de bravoure" (5) Quelle belle et difficile aventure donc est devant moi.


(1)Karl Heinz Söhler (1923-2005)
"Du weißt, es ist unmöglich,
Und doch, es ist zum Lachen,
Versuchst du beinah täglich,
Es jedem recht zu machen."

(2) François Mitterrand

(3)Friedrich Nietzsche, Morgenröte, Aphorismen 444:
"Weil etwas für uns durchsichtig geworden ist, meinen wir, es könne uns nunmehr keinen Widerstand mehr leisten - und sind dann erstaunt, dass wir hindurchsehen und doch nicht hindurch können! Es ist dies dieselbe Torheit und das selbe Erstaunen, in welches die Fliege vor jedem Glasfenster Gerät."

(4)Viktor Frankl (1905-1997)
"Es gilt die 'Trotzmacht' des Geistes zu entwickeln, die Fähigkeit, im richtigen Augenblick 'Nein' zu sagen."

(5) Michel Lacroix, Philosophe

samedi 21 janvier 2012

samedi 14 janvier 2012

Le chaos en soi

inaugural à la créativité, à l'émergence d'un être

"Ich sage euch: man muss noch Chaos in sich haben, um einen tanzenden Stern gebären zu können..."
"Je vous l'affirme : il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse..."
Friederich Nietzsche

Quand le corps et l'esprit parviennent devant l'infranchissable abîme, le choix de la rétractation n'est plus. Un instant de perte ineffable, d'une peur toute envahissante tel un liquide chaud, s'empare de cette enveloppe corporelle qui contient notre Moi, et le projette dans un monde insoupçonné dont les contours commencent seulement à s'esquisser. C'est peut-être là, dans cet instant d'étonnement pétrifié, qu'il est possible de se dire "eh bien, s'il le faut, allons-y pour de bon".

Et puis quelque chose m'a empêchée de franchir la frontière de cet abîme, comme cette petite fille d'une vieille gravure de mon enfance, qui est retenue au bord de sa chemise par un majestueux ange gardien, alors qu'elle suit, joyeuse, un papillon virevoltant au-dessus du précipice.

J'ai juste entrevu la porte s'ouvrir, d'un espace infinitésimal. Je suis de nouveau à la vie, oui, mais bien changée. Car cet entrebaillement m'a renvoyée à des énigmes qui me paraissent insolubles : au fond, qui est-ce qui revient ainsi dans le monde? Et pour faire quoi, dorénavant, puisque tout est si altéré, même si rien n'a fondamentalement bougé pour l'oeil extérieur?


Vaste sujet puisqu'il s'agit maintenant, après s'être laissé créer, se recréer, à partir de son essence qui reste à être découverte. Cela m'apparaît comme une tâche immense, ahurissante même, pour moi qui m'y trouve confrontée, comme si je butais devant une montagne infranchissable.

Où commencer? - si seulement cela était clair. Un mouvement interne m'exhorte à laisser choir tout ce qui ne m'est pas : les peurs, les injonctions, les fausses émotions, les désirs de l'Autre. Pas si facile que ça, très difficile même. Car il faut alors oser faire face à soi-même, assumer les plaisirs infinis, tout comme les zones d'ombre qui s'entremêlent pour l'instant encore, dans un chaos indistingué, qu'il s'agira d'ordonner peu à peu pendant tout ce temps qui m'est encore imparti.

Que l'on ne s'y trompe pas : "ordonner" ne veut pas dire "plus d'ordre". Au contraire : savoir soutenir cette indisdinction tout en faisant, en créant, c'est bien de cela dont il s'agit. Avoir "encore du chaos ensoi"... même si la promesse d'une étoile dansante ne représente qu'un lointain espoir, une lueur quelque part dans le noir que l'on pourrait deviner. Y aspirer, c'est pourtant bien cela qui nous rend humains.

Et quand la véritable création advient, elle le fait avec fulgurance : " La perfection ne serait pas devenue. - Nous sommes habitués, face à toute perfection, à omettre la question du devenir : nous nous réjouissons au contraire de tout ce qui est présent, comme si tout cela aurait émergé de la terre, par un coup de magie."

"Das Vollkommene soll nicht geworden sein. - Wir sind gewöhnt, bei allem Vollkommenen die Frage nach dem Werden zu unterlassen: sondern uns des Gegenwärtigen zu freuen, wie als ob es auf einen Zauberschlag aus dem Boden aufgestiegen sei." (F. Nietzsche, Menschliches, allzu Menschliches, IV, 145)


Et pour terminer, n'oublions pas peut-être la chose la plus délicate : créer avec humour, comme le fait si bien Amy Tan dans cette conférence sur l'inspiration qui tisse son oeuvre passionnante.  



Als Zarathustra diese Worte gesprochen hatte, sah er wieder das Volk an und schwieg. „Da stehen sie", sprach er zu seinem Herzen, „da lachen sie : sie verstehen mich nicht, ich bin nicht der Mund für diese Ohren.

Muss man ihnen erst die Ohren zerschlagen, dass sie lernen, mit den Augen zu hören? Muss man rasseln, gleich Pauken und Bußepredigern? Oder glauben sie nur dem Stammelnden?
Sie haben Etwas, worauf sie stolz sind. Wie nennen sie es doch, was sie stolz macht? Bildung nennen sie’s, es zeichnet sie aus vor den Ziegenhirten.
Drum hören sie ungern von sich das Wort „Verachtung“. So will ich denn zu ihrem Stolze reden.
So will ich ihnen vom Verächtlichsten sprechen :
das aber ist der letzte Mensch."

Und also sprach Zarathustra zum Volke :
“Es ist an der Zeit, dass der Mensch sich sein Ziel stecke. Es ist an der Zeit, dass der Mensch den Keim seiner höchsten Hoffnung pflanze.
Noch ist sein Boden dazu reich genug. Aber dieser Boden wird einst arm und zahm sein, und kein hoher Baum wird mehr aus ihm wachsen können.
Wehe! Es kommt die Zeit, wo der Mensch nicht mehr den Pfeil seiner Sehnsucht über den Menschen hinaus wirft, und die Sehne seines Bogens verlernt hat, zu schwirren!
Ich sage euch : man muss noch Chaos in sich haben, um einen tanzenden Stern gebären zu können……”

aus:
Friedrich Nietzsche: Also sprach Zarathustra (1883-1891)

vendredi 6 janvier 2012

Rien ne s'oppose à la nuit

et rien ne justifie...

Comment entrevoir la maladie qui abîme, dévore et engloutit peu à peu un être? Comment apprivoiser des questions que l'on n'ose pas penser ? Comment faire face à une réalité qui s'impose tant et qui paraît pourtant ne pas appartenir à celui qui la vit ?

Dans ma clausure du monde, de ma vie, de moi-même, je fais tourner les mots, les interrogations, les exclamations sur mon devenir, si certainement positif par moments, si fragile par d'autres. M'attacher à d'infimes détails qui me font avancer sur mon sentier parfois indéchiffrable. En extraire une joie infinie, insoupçonnée. Puis basculer vers le noir profond, l'abîme qui s'ouvre à l'intérieur de mon corps. A tour de rôle, comme une ronde  indomptable.

Delphine de Vigan en dépeint les contours, la texture et la sonorité dans son livre dans lequel elle raconte sa mère. Saisissante recherche de justesse sur ce qu'est la condition humaine lorsqu'elle est fragile, friable, lestée par un poids du passé qui se conjugue à un présent insaisissable. Lorsque les limites du corps imposent des contours étroits à la volonté, à l'esprit, à l'âme. Et où d'impensables petits plaisirs parviennent néanmoins à donner un sens à l'existence, où l'amour, sous ses contours si vagues, imprime malgré tout une direction et un sens. 

Qu'est-ce qui s'oppose à la nuit? Rien, finalement, car la nuit finit par vaincre. Vaincre, tout court. 

Et pourtant, je ne peux l'envisager, entendre, le ressentir au plus profond de moi. Car c'est bien dans ces instants, où je suis consciente que la nuit s'approche irrémédiablement, que je pense à tous ceux qui y sont allés avant moi. En la combattant, en y résistant, mais aussi parfois en l'accueillant avec résignation ou avec soulagement. C'est un savoir tout particulier : moi aussi, à mon tour, j'irai un jour vers ce destin auquel d'innombrables autres avant moi ont su faire face. C'est un savoir qui me paraît consolant, voire rassurant : je ne ferai, le moment finalement venu, rien d'autre que rejoindre ce que l'humanité a de plus profond à traverser. Je serai à ce moment-là en très bonne compagnie de tous ceux qui m'accueilleront dans la nuit.

Mais d'ici là, j'ai le temps, le temps de la vie, du plaisir - et surtout celui de la créativité. Saisir justement la fragilité et la beauté de tous ces instants offerts, volés. Comme ce cheval blanc d'Alain Bashung. Oser ce qui semble impensable. Oser et oser encore. Tant qu'il y a du mouvement, il y a de la vie.


de Vigan, D. (2011), Rien ne s'oppose à la nuit, Paris : JC Lattès

Alain Bashung : Osez Joséphine

A l'arrière des berlines
On devine
Des monarques et leurs figurines
Juste une paire de demi-dieux
Livrés à eux
Ils font des p'tits
Il font des envieux

A l'arrière des dauphines
Je suis le roi des scélérats
A qui sourit la vie

Marcher sur l'eau
Eviter les péages
Jamais souffrir
Juste faire hennir
Les chevaux du plaisir

Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plus rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie

Usez vos souliers
Usez l'usurier
Soyez ma muse
Et que ne durent que les moments doux
Durent que les moments doux
Et que ne doux

Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plsu rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie

Osez osez
Osez osez
Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plus rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie

mardi 20 décembre 2011

Hibernation

même en absence de neige...

"L’hibernation est un état d’hypothermie régulée, durant plusieurs jours ou semaines qui permet aux animaux de conserver leur énergie pendant l’hiver. Durant l’hibernation les animaux ralentissent leur métabolisme jusqu’à des niveaux très bas, avec la température de leurs corps et des taux respiratoires qui s’abaissent graduellement, et en utilisant les réserves de graisse du corps qui ont été stockées pendant les mois actifs." (wikipédia)
                                                     
Un animal qui hiberne réellement est le loir.

Je me fais loir depuis quelques semaines. Non pas que ce soit parce que c'est réellement l'hiver, ou parce que je suis forcément moins active, mais bien parce que la maladie m'impose un état émotionnel très particulier.
Tout d'abord il me faut endurer. Endurer quelques mois de soins contraignants, endurer l'incertitude, endurer les émotions de tristesse, de peur, de révolte. Endurer aussi les réactions des autres qui sont angoissés devant la maladie.

Ensuite, il faut que je mette mon cerveau au ralenti. Oublier que ça peut mal se passer, oublier qu'il peut y avoir des complications, oublier l'épée de Damoclès qui est dorénavant au-dessus de ma tête. 

Puis je dois me mettre en état d'attente. Attente de l'espoir que ça ira bien mieux bientôt, attendre que le prognostic se construise peu à peu, attendre que je puisse de nouveau mener une vie "normale", "comme avant", alors que rien ne sera plus comme avant.

Et en même temps, l'hibernation c'est aussi la certitude que malgré les apparences, la vie est bien là, elle pulse, à son rythme, pour retrouver le printemps, les bourgeons, le soleil. L'hibernation est donc bien un état d'avant quelque chose, un état d'une subtilité insoupçonnée pour celui qui n'y serait pas passé. Si le coeur bat très lentement, c'est que chaque battement prend une importance beaucoup plus grande. Si les belles émotions émergent, c'est que c'est avec une intensité toute inattendue. Et grâce aux autres, grâce à ceux qui me soutiennent, ces belles émotions sont bien là, présentes, déjà en état de faire leur travail intérieur tout en douceur.

Ce qui me touche tout particulièrement, c'est ce que les oracles ont révélé, quand Florence les a interrogés sur mon devenir. Voici ce que dit le 64ème hexagramme du Yi King "avant l'accomplissement", avec 6 à la cinquième place :

"La persévérance apporte la fortune. Pas de repentir.
La lumière de l'homme noble est véritable.
Fortune.

La victoire est remportée. La force de la fermeté n'a pas été mise en échec. Tout a bien été. Tous les doutes sont surmontés. Le succès a justifié l'action. La lumière d'une personnalité supérieure brille de nouveau et fait sentir son influence sur les hommes qui croient en elle et se rassemblent autour d'elle. L'ère nouvelle est arrivée, et avec elle la fortune. Et de même que le soleil après la pluie rayonne dans une beauté redoublée, ou que la forêt, après l'incendie, reverdit avec une fraîcheur accrue à partir de ses débris calcinés, l'éclat de l'ère nouvelle s'augmente par le contraste qu'il forme avec la misère de l'époque ancienne."

En attendant je me prépare. Et je m'enroule mentalement comme ce petit loir tout doux. L'hibernation, c'est aussi le repos.

jeudi 15 décembre 2011

Les biscuits de Noël des spazzacamini

La recette des "Petits Milanais"

C'est le moment - il est même grand temps - de se lancer dans la confection des traditionnels biscuits de Noël. A la fois un plaisir et une corvée, il n'y a pas de Fête qui vaille si l'odeur de ces délicieuses petites friandises n'emplit pas la cuisine des fées de logis en lesquelles nous, les filles, nous nous transformons année après année, au mois de décembre. L'abondance des bonnes choses, des émotions au coin du feu, la chaleur de l'âtre qui protège, nous héberge, tout cela surgit inopinément mêlé à ces parfums délicieux.

Mais les traditions sont toujours aussi des témoignages de douleurs et peines inscrites dans la chair de ceux qui lèguent leur histoire. Dans le cas des "Petits Milanais", c'est le souvenir de tous ces enfants tessinois, les spazzacamini, mis en servage chez des patrons milanais, pour ramoner au moyen de leur propre corps maigrelet, les cheminées étroites et brûlantes des appartements bourgeois de Milano. Nombre d'entre eux périrent au cours de cette tâche périlleuse et pénible, d'autres furent gardés tels des animaux sauvages, sous-nourris, par leurs maîtres patrons qui les exploitèrent, à l'insu des parents des enfants, pauvres montagnards qui crêvaient la dalle. Une fois par an, les enfants eurent le droit de rentrer. Ce fut à Noël - et ce qu'ils ramenèrent à leur famille en guise de cadeau, ce fut justement ces petits pains milanais.

C'était la Suisse, l'Italie, du début du siècle passé. Triste Histoire, pourtant si proche de nous, racontée pour enfants d'une façon saisissante par Lisa Tetzner (Les frères noirs). Les Petits Milanais transportent pour moi toute une histoire familiale qui est certes un peu différente, mais bien parente, celle des "enfants serfs" (Verdingkinder). Elle est symboliquement inscrite dans la confection de ces biscuits de Noël. Et il est ainsi juste de rappeler et de goûter un tout petit peu, chaque année, d'où je viens, d'où mes enfants viennent, et combien la vie est belle et triste, puissante et fragile à la fois. 

Vous voulez savoir quel goût ça a, les "Petits Milanais"? Cliquez ici (il faut un peu de temps pour que le texte soit chargé, ne désespérez pas) pour la recette précise et ma description ethnométhodologique de cette sorte de biscuits de Noël.   

lundi 28 novembre 2011